Démo de moi, des mois de mots

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marie paraire, prêteuse de musique, correctrice, pondeuse occasionnelle des textes ici présents

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    Puissiez-vous vous pousser pour le laisser passer

    Par map :: 10/03/2008 à 22:37 :: historiettes

     

    Petit poussin poussif passait pour un pisseux

    N'en déplaise à son jaune il n'en était pas un

    Il avait certes un peu de duvet poussiéreux

    Mais son oeil pétillait et son bec était brun.

     

    Petit poussin poussif gambadait par les prés

    Gambader, c'est beaucoup, gamberger serait mieux

    Encore eût-il fallu ne pas le voir boîter

    Mis en boîte il n'avait qu'une patte sur deux.

     

    Petit poussin poussif était si fort poussé

    Qu'il se prit à prier en demandant une aile

    Par laquelle aller au détroit des Dardanelles

    Voir si en bel oiseau il se verrait mué.

     

    Mais il échoua pensif au delta du Mékong

    Vit passer des pousse-pousse et mira son plumage

    "Fichtre, j'ai volé loin!", il avait l'avantage

    Et su que du poussif will never ring the song.

     

     

     

    (ouais, je sais, c'est triché... mais quelle idée j'ai eu de l'amener au Mékong, aussi, moi... )

     

    rimaillerie bucolique

    Par map :: 21/10/2007 à 21:32 :: historiettes

    (pendant que je faisais le Pantin dans un centre de formation...)

     

     

    Voir arriver l'eau

    Sur la pierre...

    Voir Harry, rivé

    Sur son vélo,

    Ravi d'entrevoir

    Rire Jean-Pierre

    Tout revigoré

    Parmi les flots :

    Il revit, ce soir,

    Dans sa chaumière,

    Il verra Véro

    Revenir tôt

    Il l'enlacera

    Sur le muret

    Les cheveux mouillés

    Mais le coeur chaud.

    Il l'enlacera

    Et il le sait

    Elle ne s'en lass'ra

    Pas de sitôt.

    Harry sait se taire

    Devant l'histoire,

    Il n'est pas amer

    Et, bonne poire,

    Il sourit plutôt :

    Savoir Jean-Pierre

    Amoureux sévère,

    C'est bien sympa.

    Un jour, il le sait,

    De son vélo,

    Il en descendra,

    Et, pied à terre,

    Il apercevra

    Sa jeune première.

    Alors tout de go,

    Sans commentaire,

    Se jeter à l'eau

    Et dans ses bras.

     

     

     

    post participatif

    Par map :: 05/10/2007 à 17:44 :: historiettes

     

    Allez nouveau concept, je lance l'historiette et tous ceux qui passent par ici et repasseront par là sont dans l'obligation morale de la continuer. (avec la possibilité de rester anonyme bien sûr, y aura pas de carambars pour les visiteurs participants de toute façon, c'est juste pour voir ce que ça peut donner).

    Go go go !

     

    (1)

    Un petit hérisson

    Malin et polisson

    Traficota dans sa cuisine

    Et gagna le concours Lépine.

     

    grrrrrr-izzli!

    Par map :: 01/10/2007 à 22:21 :: historiettes

     

    J'ai croisé un grizzli

    Gelé sur le parvis,

    Je l'ai laissé gésir

    J'avais envie de rire:

     

    Il avait un gilet

    Jaune ajouré violet

    Et au bout de ses griffes

    Du vernis rouge vif.

     

    On aurait dit Machin!

    Ou peut-être Bidule?

    En tout cas c'est certain,

    C'était fort ridicule...

     

    J'ai pondu ma comptine,

    En fais une tartine,

    Et si vous le souhaitez

    Je peux continuer.

     

    Que va-t-il advenir

    De ce pauvre animal?

    Va-t-il se dévêtir

    Et finir tout glacial?

     

    Peut-être une gargouille

    Va lui cracher dessus

    Car c'est une fripouille

    Ou bien un malotru.

     

    Peut-être juste après

    Monsieur Quasimodo

    Viendra pour l'épiler

    Et s'en faire un manteau.

     

    Peut-être encore plus tard

    Ce grizzli ressuscite

    Et se roule un pétard

    En racontant la suite.

     

    Dans le doute il se peut

    Qu'il faille s'abstenir.

    Mais en fermant les yeux

    Je le vois revenir.

     

    Il s'appelle Fripal

    Et cherche sa guenon.

    Pourquoi? ça, mon chacal,

    ça me pose question.

     

    C'est pour ça qu'il a mis

    Ce si joli costume

    Et puis qu'il a maigri

    Pour tomber en poids plume.

     

    Mais même en beau gilet

    Et avec du vernis

    De guenon, point chopé

    Puisque c'est un grizzli.

     

    Si vous vous attendiez

    A une conclusion

    Il faudra repasser,

    Ce n'est pas la saison.

     

     

     

    impro 1

    Par map :: 20/02/2007 à 21:59 :: historiettes

     

    Aujourd'hui je m'en vais conter

    la fleur l'astre et la demoiselle

    une trilogie assurée

    de fair' briller ma ritournelle

     

    la fleur a penché son collier

    vers la rosée, comme une ombrelle,

    et la demoiselle amusée

    lui a chanté sa ritournelle

     

    l'astre était beau il faisait gai

    il faisait chaud il faisait frêle

    d'être une fleur au mois de mai

    et de compter les hirondelles

     

    notre demoiselle allongée

    a fini par penser que celle

    qui n'est pas ce qu'elle croit qu'elle est

    est l'humanité éternelle.

     

    cherchez pas trop le sens, j'ai le bas débit, j'ai plus trop de forfait, et j'écris connectée c'est plus stimulant

     

    une courgette à roulettes

    Par map :: 23/01/2007 à 20:42 :: historiettes

    Jamais le carrosse de Cendrillon ne se transformera en courgette.

    Jamais le chaperon rouge ne portera de chaperon noir.

    Jamais Circé ne sera une douce fée ingénue.

    Jamais Jupiter ne sera fidèle.

    Jamais Vénus n’aura de rides et de poils au menton.

    Jamais Abel ne tuera Caïn.

    Et jamais Caïn ne tuera Napoléon.

     


    Jamais…

    Jamais ?

    Vous en êtes sûr ?


    Une courgette à roulettes a amené Junon fêter ses 6000 ans de mariage avec son fidèle époux. Ce dernier a, pour cette occasion, demandé à la douce Circé de lui confectionner un exquis petit déjeuner pour porter à sa tendre épouse. De l’autre côté du village, un petit chaperon en rouge et noir accompagne la vieille Vénus en col roulé qui va voir son fils Abel derrière les barreaux, tandis qu’un œil grand ouvert est punaisé, loin de là, au fond d’un caveau qui quitte Caïn-caha l’île Sainte-Hélène pour gagner les Invalides.

     

    La folie est le propre de l’Homme.

    M'en fous, je suis une femme.

     

     

    PS : texte dont la fin a été publiée dans l'anthologie Rimbaud 006.

    Je me suis dit que ça se comprenait quand même un chouya mieux avec le début.

     

    (extrait Démo)

    le dialogue de la mort qui tue

    Par map :: 12/01/2007 à 22:11 :: historiettes

     


    -   Tu l’as tué ?
    -   Ben oui, il est mort et remords, pour moi qui suis un mordu du crime.
    -   Pour le coup, ce n’est pas toi qu’il a mordu, le crime.
    -   Hé oui, pour le coup de feu, feu le mort s’est joliment prosterné. Il ressemble à une chaussette sale.

    Je l’ai pétrifié, il est médusé, sur le carreau. Ah non, je l’ai pas loupé.

     

    Ce flingue, c’est trop de la balle.


     

    (extrait Démo)

    historiette à l'eau de fleur d'oranger

    Par map :: 15/12/2006 à 22:16 :: historiettes

     

    Il avait la joue rouge et le regard fiévreux

    Il courrait haletant derrière l’autobus

    Il criait : « Arrêtez ! Oh la la ! Oh mon Dieu ! »

    Il avait rendez-vous avec la belle Luce.

     

    Il s’est dit : « C’est fini, elle ne m’aimera plus,

    Je resterai tout seul, tout bête et tout confus

    Tout miséreux, palot, c’est ballot, chuis perdu

    La Fortune commence à me cracher dessus.

     

    Elle avait le parfum d’une crêpe à l’orange

    Elle avait tout le temps un vrai sourire d’ange,

    Une peau de velours et un regard, pareil,

    Toujours lançant partout des miettes de soleil,

     

    Je suis vraiment trop nul j’ai raté l’autobus

    Elle ne m’attendra pas au 30, rue Papus

    Elle a dû s’évanouir avec un balayeur

    La Luce que j’allais retrouver tout à l’heure. »

     

     

    (extrait Démo) (ou pas.)

    Poisson poisseux passant par mots passoires

    Par map :: 15/12/2006 à 22:00 :: historiettes

     

     

    Poissonnerie (1)

     

    Demain, un poisson s’est noyé.

    Il s’est étranglé avec une arrête et en a oublié de respirer.

    Il avait l’œil hagard et le teint vaseux.

    On aurait dit un ongle recouvert d’un vernis qui s’écaille.

    Il flottait. Mou. Dans le remous. Mouillé.

    En faisant une moue d’enfer. De mort, du moins.

    La mer l’a bien roulé.

    Il s’est fait mener en bateau et embarqué dans la galère.

    On dirait qu’il dit : « fish-moi la paix ».

    Mais goguenardons gaiement, c’en est fait en effet, il est mort étouffé, ce poisson.

    Poisson va devenir poisseux,

    et gluant s’agglutinera contre un morceau de bois qui passera par-là,

    ce soir.

     

    Poissonnerie (2)

     

    Demain, le même petit poisson s’est noyé.

    Il avait oublié d’apprendre à nager.

    En fait, dans son œuf, il croyait qu’il était une tortue bleu marine.

    Alors il s’était dit qu’apprendre à nager, ça pouvait attendre.

    Et il était sorti, tout beau tout frais,

    il a fait trois-quatre bulles

    et il s’est retrouvé tout bête.

    Au début, il n’arrivait pas à se noyer, forcément, il avait des branchies, et tout, comme tout poisson qui se respecte. Mais à force de rester sans bouger, il a senti sa nageoire du dessous se durcir et se transformer en pied, ses nageoires latérales se durcir et se transformer en pieds, ses écailles se durcir et se transformer en carapace. Alors là petit poisson devenu tortue commença à baliser.

    Il sentait ses branchies se refermer. Il a commencé à clopiner sur son pied sur les galets dorés,

    il a fait trois-quatre bulles

    et il s’est retrouvé tout mort.

    - Oh le pauvre petit poisson perdu a donc péri, maître ?

    Bon, ça suffit, arrête de pleurer, t’y crois, toi, qu’un poisson s’est noyé ?

     

    Ah ! Tu me rassures.

     

    Moi aussi j’y crois.

     

    Poissonnerie (3)

     

    Au fait, le petit poisson noyé s’appelait Pof.

    -         Mais on s’en moque, il est mort.

    Hé bien non, messieurs dames.

    Pof est l’abréviation de Pôfacile-à-tuer-le-bougre.

    Pof est donc resté noyé, comme ça, trois-quatre jours, tranquille.

    Puis a secoué toute la masse gélatineuse de ses capacités cérébrales de poisson-tortue et a fait un bond.

    Et oui, Pof a fait un bond.

    Pof.

    (Certains étymologistes peu scrupuleux affirment d’ailleurs que son nom est issu de ce retentissant événement, mais il va de soi que ce ne sont que coquecigrues…).

    Donc son pied s’est décollé des coraux, s’est replié comme la passerelle d’un avion, et Pof est parti, pfuit, à toute vitesse, sans nager (parce qu’on a rarement le temps d’apprendre à nager quand on est mort, figurez-vous), juste comme ça, par l’opération de son extraordinaire motivation de super poisson.

    Là, il a rencontré un joli poisson rose, souriant, qui avait une couronne de coraux et des paillettes d'eau sur le corps... Elle s'appelait Noémie...

     

    Ah, Noémie !

    Belle bulleuse dans la baie bleutée !

    Pof en est resté paf.

    S’est pris l’amour dans le pif.

    Parce qu’il a du flair, le petit poisson.

    Il sait qu’avec une flèche de cette envergure, Cupidon lui en a mis pour 15 ans. Il a même failli se re-noyer, le pauvre bougre. Il a échappé à cet écueil mais il est resté muet comme une carpe qui a une extinction de voix.

    Et, de fait, petit poisson est devenu tout rouge.

     

     *** 

     

    Quand les mots partent à la dérive, on embarque pour une pêche miraculeuse

    Où la nuit tous les poissons gris

    S’amusent de nos filets et de nos lignes

    Pour nous raconter des histoires

    À laquelle pas un des leurs ne croirait.

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